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La Démocratie en Afrique, un prestige pour le continent mais une arme efficace pour les impérialistes

La Démocratie en Afrique, un prestige pour le continent mais une arme efficace pour les impérialistes

Depuis plus de deux décennies, l’Afrique connait des sérieux problèmes nés de l’instauration du système démocratique dans le continent. Ce concept Démocratie définit différemment par rapport à sa mise en application
d’une nation à une autre, elle semble cependant être calquée en Afrique sur les types des modèles trouvés en  Occident.

Considérée comme une liberté d’expression dont doit jouir le peuple d’une nation, passant par leur libre choix d’élire les dirigeants de leur Etat ; la démocratie donne l’air de faire la fierté des peuples africains qui malheureusement ne tiennent pas compte ou sont ignorants de son instrumentalisation par des conservateurs des méthodes impérialistes.

Il est facile de constater que depuis l’avènement du multipartisme occasionné  par le vent de la perestroïka vers le début des années 90, événement ayant conduit à des conférences nationales dans plusieurs pays d’Afrique ; le continent  n’a cessé de connaitre sur son sol des guerres et des climats d’insécurité politique à répétitions jusqu’à ce jour.

Si la démocratie parait être une fierté ou un vêtement d’honneur et de dignité pour les peuples africains, malheureusement elle n’est nullement venue écarter les ennuis récurrents, déstabilisateurs et destructeurs de l’impérialisme dans le continent. L’impérialisme connu comme cette politique prédatrice conçue par des  grandes puissances occidentales, ayant pour but de diriger politiquement, économiquement, culturellement, scientifiquement et voir militairement  les  pays  pauvres ou en voie de développement  dans le seul souci majeur d’exploiter injustement les richesses naturelles de ses derniers  afin de se rendre  plus riches.

« Démocratie ou pas en Afrique, ce qui importe aux puissances occidentales ; c’est de garder leur mainmise sur des richesses du continent. »

En d’autres mots, l’impérialisme utilise toutes les stratégies possibles pour appauvrir de plus bel les pays pauvres et enrichir davantage les grandes puissances.

Alors, il est facile de comprendre que pour des grandes puissances impérialistes, seuls leurs intérêts passent avant toute autre chose, et que s’il faut mettre l’Afrique à feu pour faire gagner des profits aux puissances impérialistes, l’option est soutenue et ne va souffrir d’aucune hésitation pour sa mise en exécution. Démocratie ou pas en Afrique, elles ont juste besoin d’avoir leur mainmise sur les richesses du continent africain.Si beaucoup d’africains ne le savent pas, l’impérialisme en Afrique a commencé à agir depuis belle lurette  comme le diable dans l’église de Dieu. De la traite négrière à la colonisation, de l’indépendance des pays africains à la neocolonisation et jusqu’à ce jour ; c’est toujours l’impérialisme qui change de forme et arrive parfois à initier même à l’avance des événements politiques planifiés pour dissuader les peuples africains victimes de ses effets négatifs. De la conférence de Berlin aux années 60, période  de l’indépendance de beaucoup des pays africains, l’impérialisme n’a manqué aucun rendez-vous, question pour ses auteurs de garder le contrôle sur les ressources naturelles du sol et sous-sol africain.

Pour revenir sur la démocratie en Afrique, elle est le meilleur outil sinon pas la plus efficace  arme dont se servent les grandes puissances depuis quelques décennies pour nuire les régimes au pouvoir en Afrique quand ceux-ci s’opposent ou sont hostiles à leur diktat. Ce qui  revient à dire que pour tout régime au pouvoir en Afrique n’obtempérant pas aux injonctions des puissances occidentales, fruit d’un ridicule complexe de supériorité de ces dernières vis-à-vis des pays  africains; seule la dureté de la loi de la jungle impérialiste lui est imposée.

« Prétextant agir au nom de la démocratie en Afrique, l’impérialisme opère en instrumentalisant les medias, la société civile, les organisations de droits de l’homme et l’opposition politique contre le régime en place quand celui-ci n’est pas flexible à son diktat »

Avec la démocratie et  prétextant  agir  dans l’intérêt de défense des droits du peuple, les grandes puissances instrumentalisent en ce moment-là l’opposition  politique, la société civile, les organisations  de défense de droits de l’homme, les médias et si possible plusieurs autres couches influentes de la société. Le printemps arabe en Libye jusqu’à l’assassinat de l’ancien guide  Mouammar Kadhafi en est une illustration.Jadis les impérialistes se servaient plus de la pratique barbare des coups d’état  pour assassiner ou détrôner du pouvoir  les dirigeants africains qu’ils  considéraient insubordonnés à leur diktat ou opposés à leur politique prédatrice, à l’exemple de l’assassinat d’Emery Patrice Lumumba, de Thomas Sankara et autres.

Donnant l’impression de vouloir respecter l’avènement du vent démocratique  en Afrique en renonçant aux méthodes sauvages  des coups d’Etat, ils se sont infiltrés dans ce système pour demeurer efficacement opérationnels et poursuivre avec  la sale besogne qui se caractérise par le vol et l’escroquerie des ressources naturelles du sol et sous-sol africain.

Et quand le régime  au pouvoir dans un pays en Afrique est totalement soumis à leurs injonctions, il bénéficie sans ambages de leur protection, de toute leur bénédiction, de leur soutien, d’une campagne médiatique  favorable et de toutes leurs faveurs en contrepartie du pillage systématique des riches ressources naturelles. Ainsi, c’est l’opposition qui devient incomprise sinon accusée  de faire obstruction à la démocratie.

« Diviser pour mieux régner est le principe de base des puissances impérialistes en Afrique. »

Les africains doivent retenir que malgré leurs divergences sur certains points d’ordre idéologique, religieux, coutumier ou autre;  l’unité  sur la lutte pour la  sauvegarde  de la dignité et la souveraineté  entre un  régime  au pouvoir et  l’opposition dans n’importe quel pays du continent  ne peut en aucun cas être souhaitée et voulue par les impérialistes. Car comme pour  tout bon destructeur, la devise de diviser pour mieux régner est toujours la meilleure  et tel est le principe sacré dans le mode opératoire des puissances occidentales.

Détrompons nous frères et sœurs africains de croire que les puissances occidentales se  soucient  de  voir la démocratie en Afrique être appliquée  comme il en est le cas dans leurs pays. C’est se moquer de nous-même car dans la conception des impérialistes, l’Afrique est une riche carrière qui devra éternellement  servir  de mamelle pour nourrir sinon contribuer en grande partie à la survie de l’économie occidentale.

Voilà  pourquoi étant  des nations riches, elles se comportent en super capitalistes et  conquérants quand il leur revient de coopérer avec des nations africaines, sapant  même les lois internationales régissant les relations de coopération entre les Etats souverains.

Les grandes puissances impérialistes déboursent beaucoup des moyens financiers pour garantir leur hégémonie dans le continent et imposer au continent africain une démocratie cousue à leur manière et non selon la volonté du peuple africain.

Elles  financent   les médias réputés pour la  désinformation, l’intoxication, la médisance, la calomnie à leur profit et au détriment de l’entité  politique visée (régime au pouvoir  ou opposition) dans des pays d’Afrique. Elles vont jusqu’à corrompre l’élite politique, intellectuelle, scientifique et même culturelle africaines.

« Le premier grand ennemi de l’Afrique est l’impérialisme qui est l’agent causal de son sous-développement multisectoriel. »

Alors si les africains se réjouissent  d’avoir la démocratie dans le continent, ils doivent  cesser de rêver que le règne de  l’impérialisme a pris fin. L’Afrique est en train de vivre l’époque de la nouvelle stratégie de l’impérialisme  dans le système démocratique. Le  grand  ennemi de l’Afrique, c’est l’impérialisme ; et la véritable cause du  retard  connu par l’Afrique n’est autre que  l’ensemble des  pratiques  impérialistes.Le retard de l’avènement de la démocratie n’est pas une raison du sous-développement en Afrique. Car il y a des pays au monde qui se sont développés et qui sont  d’ailleurs craints dans le monde sans toutefois avoir appliqué la démocratie à la française, soit à l’américaine. Nous avons l’exemple palpable de la Chine dont la montée en puissance continue à étonner le monde entier.

Si les peuples  africains veulent aller loin, il ne leur sert à rien de faire des casses, ou de se lancer à des guerres ou insurrections au nom de la démocratie. L’Afrique étant en retard de croissance économique et de développement  scientifique par rapport à d’autres continents, elle n’a pas droit à l’erreur.

« Une démocratie dictée de l’extérieur du continent n’est qu’une falsification, la meilleure doit s’adapter aux réalités socioculturelles africaines. »

La  démocratie en Afrique ne doit pas être dictée par l’extérieur mais doit être adaptée aux réalités du continent. Elle ne doit pas faire l’objet de pillages et destructions mais  doit chaque  fois être  discutée  dans l’esprit du dialogue pour sa meilleure croissance car nulle n’ignore son état d’adolescence  dans  le continent.

Si la Libye vit le chaos, c’est parce que les impérialistes avaient persuadé les peuples libyens qu’il fallait au nom de la démocratie, chasser le régime de Kadhafi jusqu’à l’assassiner. Où est cette démocratie en Libye au jour d’aujourd’hui?

Que les régimes en place en  Afrique et  les  camps d’oppositions cessent de se poignarder au nom de la démocratie. Qu’ils fassent preuve de responsabilité en apprenant aux peuples africains que des lacunes ou des tâtonnements dans une démarche démocratique ne peuvent nullement justifier de faire plonger les nations africaines dans le chaos  qui n’apporte rien de plus sinon ne vient que détruire le peu de ce que nos chères nations possèdent  déjà et nous pousse à retourner vers les concepteurs impérialistes de ces climats de déstabilisations  pour aller chercher des aides sous forme d’emprunts avec autant de concessions et de soumissions  au détriment  du bien-être des populations africaines.

Il faudra que l’on soit honnête en reconnaissant que c’est au nom du mot piège démocratie mis en usage comme prétexte que le Congo Brazzaville avait eu à connaitre la guerre de 1997, une guerre qui a renvoyé ce pays à  plusieurs années de recul sur le plan politique, économique, social ; mêmement pour la Libye de Mouammar Kadhafi  jusqu’à l’assassinat  du guide, de la Cote d’Ivoire jusqu’à l’arrestation humiliante de Laurent Gbagbo, de la RDC avec toutes les rebellions ainsi que la fameuse guerre urbaine post-électorale entre les Fardc et la milice de Jean Pierre Bemba en 2006, le désastre en Centrafrique, le chaos au Mali, les violences post électorales  au Kenya et au Gabon,…….

Les africains doivent avoir honte de s’entretuer bêtement sur un concept qu’on leur fait avaler comme étant une priorité des priorités pour le développement du continent  oubliant que si telle était la condition sine qua none, la Corée du nord tout comme la Corée du sud  et plusieurs d’autres pays d’Asie n’atteindraient pas des stades très appréciables dans leur développement en général.

Si les fils et filles africains pensent aussi que le développement et la dignité d’un peuple passent par la mise en pratique de la démocratie au modèle occidental, c’est serait très dangereux pour l’avenir du continent car la Chine par son actuelle puissance économique, scientifique, culturelle et militaire ; est de très loin respectée et considérée  comme un partenaire de taille par les fameux donneurs de leçons du monde par rapport aux pays africains dits démocratiques floués  par des éloges ironiques de ces derniers .

« Les mouvements citoyens en Afrique doivent cesser d’être des messagers des puissances occidentales mais doivent plutôt réfléchir sur des vrais problèmes des communautés africaines. »

Un point important quand même à relever, au lieu de jouer le rôle de messager des puissances occidentales en Afrique; les mouvements citoyens en vogue dans le continent  devraient plus penser à aider le peuple africain  à comprendre le danger permanent de l’impérialisme et s’engager à le mener un combat de longue durée jusqu’à le rendre impuissant. Soit on est réellement panafricaniste et on lutte pour le développement du continent en suivant les traces de nos grands leaders comme Nkouame Nkrumah, Emery Patrice Lumumba, Sékou Touré, Nasser, ….; ou soit on est africain mais au service des occidentaux.

Il serait très important aux mouvements dits citoyens de comprendre les priorités des peuples  africains, qui sont loin d’être celles  présentées par des occidentaux. C’est absurde sinon incompréhensif que les mouvements citoyens africains ne puissent jamais dénoncer les abus dont est victime le continent  de la part des occidentaux et parfois avec la complicité des nations unies. L’infiltration de la main puissante noire des impérialistes dans des structures régionales africaines, semant des tergiversations et zizanie entre chefs d’Etats africains; se passe aux yeux ouverts des mouvements citoyens sans qu’ils ne disent mot.

Quelles peuvent être les priorités entre une révolution agricole, l’urbanisation de nos villages, le financement des grands projets scientifiques et technologiques, la lutte contre la corruption et les détournements de fonds, l’assainissement de l’administration publique et privée, la formation d’une armée puissante et républicaine, … d’une part et l’instauration de la démocratie d’autre part ?

Pourquoi les mouvements citoyens sont-ils limités aux discours sur la démocratie et les droits de l’homme comme le veulent et l’obligent les occidentaux aux pays africains ?

Il est bien temps que les africains comprennent que la démocratie a été injectée en Afrique pour  servir à diviser les peuples du continent contrairement aux vraies valeurs dudit  système et permettre le pillage systématique des ressources naturelles  par ces concepteurs.

Par Emmanuel NCHINGA MUZEMBE

Afrik Triomphal

Photos: senalioune.com, zones-subversives.com, maliactu.net, humanite.fr