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Est-ce que l’Afrique peut compter sur Antonio Guterres ?

Est-ce que l’Afrique peut compter sur Antonio Guterres ?

Totalisant deux ans maintenant en sa qualité de secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres qui dès son accession à ce poste stratégique de grande responsabilité, avait promis faire de l’établissement d’une plateforme de coopération à un plus haut niveau entre l’ONU et le continent africain une de ses priorités ; semble être déterminé à lutter aux cotés des africains en appelant sans cesse à une plus grande coopération entre les nations unies et l’Afrique.

“Le poids de l’Afrique doit être reconsidéré par rapport à sa contribution en termes d’effectifs dans des missions onusiennes de maintien de paix.”

Lors  de son dernier passage au 32ème sommet des chefs d’Etats africains, le neuvième secrétaire général de l’organisation des nations unies a eu à s’entretenir avec différents présidents de la République et certains chefs du gouvernement. A tous ses interlocuteurs, monsieur Antonio Guterres a été clair pour dire qu’il était plus que nécessaire que le poids de l’Afrique dans la communauté internationale soit reconsidérée tenant compte de la contribution du continent en termes d’effectifs dans des missions onusiennes de maintien de paix.

Il est bien vrai que dans ces missions, l’Afrique fournit le plus grand nombre d’éléments mais cependant sa voix est ignorée au niveau des structures onusiennes de prise de décisions.Ce contraste dénoncé à plusieurs reprises par monsieur Antonio Guterres, nécessite une attention  considérable et sérieuse par les africains eux-mêmes afin de parvenir à faire du continent un partenaire obligatoirement nécessaire et incontournable dans les discussions de prise des décisions au niveau des différentes instances onusiennes. Autrement dit la voix de l’Afrique doit être considérée au niveau de l’ONU et du conseil de sécurité jusqu’au point d’atteindre l’équilibre entre sa représentativité au niveau des entités onusiennes conceptrices des plans et stratégies et son considérable effectif dans les missions de maintien de paix.

Antonio Guterres qui a eu à côtoyer plusieurs chefs d’états africains et continue à le faire jusqu’au jour d’aujourd’hui, connait bien les vrais problèmes auxquels sont confrontés les peuples africains et leurs différentes causes; car il a été pendant 10 ans à la tête du Haut-Commissariat aux Réfugiés de 2005 à 2010. Mais aussi il a eu à co présider le comité Afrique de 1992 à 1999 de l’Internationale Socialiste, l’alliance mondiale des partis politiques socio-démocrates où il est toujours membre actif.

“Les institutions africaines sont obligées d’avoir des positions communes sur leurs différents problèmes, ce qui permettra au conseil de sécurité à pouvoir les aider à les résoudre.”

Cet ingénieur de formation qui a fini par devenir un grand homme politique de renommée internationale, pense aussi que les institutions africaines ont l’obligation d’avoir des positions communes sur le règlement des conflits et insécurités gangrenant le continent pour faciliter la tâche au conseil de sécurité à résoudre leurs problèmes. Il déplore par ailleurs l’avancée grandissante de l’expansion permanente des djihadistes dans le sahel, car l’on peut constater que même les pays qui étaient jusque-là épargnés comme le Burkina Faso, sont désormais la cible et la victime  du terrorisme. C’est ainsi que monsieur Antonio Guterres pense qu’il faut mettre en toute urgence toutes les batteries en marche pour stopper et neutraliser  cette avancée des terroristes qui déborde déjà et risquera d’aller plus loin en traversant même le continent africain.

“ANTONIO GUTERRES pense qu’il est plus que nécessaire de mettre sur pieds une unité africaine d’antiterroristes appuyée par la communauté internationale en lieu et place des simples missions de maintien de paix.”

Sur ce, il propose qu’en même temps qu’il faut investir dans le développement en Afrique, il en faut aussi dans la sécurité. D’où selon monsieur Antonio Guterres la nécessité d’une mise sur pieds d’une unité africaine d’antiterroristes appuyée par la communauté internationale car les opérations de maintien de paix deviennent moins efficaces par rapport au grand danger qui guette actuellement  le continent africain.

“ANTONIO GUTERRES déclare et déplore qu’il n’existe pas de gouvernance démocratique au niveau mondial, donc à l’ONU.”    

Ce membre effectif du club de Madrid, cette alliance démocratique réunissant d’anciens chefs d’états africains et de gouvernement du monde entier avoue cependant qu’il n’existe pas de gouvernance démocratique au niveau mondial. Dans une de ses interviews, accordée à Jeune Afrique Magazine, il dit : « le système de gouvernance démocratique au niveau mondial n’existe pas. L’Afrique est doublement victime du colonialisme. D’abord, c’est une victime directe de la colonisation et en second lieu, de ses conséquences sur tout le continent. Ensuite, parce que le système actuel de gouvernance mondiale a été essentiellement conçu avant que les pays africains accèdent à l’indépendance. Je parle en connaissance de cause puisque mon pays le Portugal a été le pire en ce domaine. C’est aussi valable pour les Nations unies et le Conseil de sécurité, mais aussi pour les institutions financières internationales et la gestion du commerce mondial. »Quand des tels propos de vérité viennent d’un  secrétaire général de l’ONU, il y a lieu que les chefs d’états africains se battent comme les pères des indépendances en Afrique s’étaient battus afin de renverser l’actuel fameux ordre de gouvernance mondiale qui joue totalement en défaveur du continent africain.

Certes plusieurs reformes ont été amorcées au niveau de l’union africaine pour donner une certaine autonomie financière au continent mais reste leur  mise en application qui depuis toujours pose problème.

“Est-ce possible de parler de l’indépendance de l’union africaine pendant qu’elle dépend financièrement à plus de 70% de l’aide de l’UNION Européenne ?”  

On ne saura pas trop parler d’une Afrique indépendante et souveraine tant que l’organisation UA dépend financièrement à plus de 70% de l’aide de l’union européenne. Comment alors renverser cet ordre de gouvernance mondiale pendant que ses concepteurs continuent à être les plus grands donateurs pour la survie de l’Union Africaine.Comme le déclare cet avéré  homme de gauche Antonio Guterres : « que l’Afrique a été marginalisée et a aujourd’hui un rôle bien inférieur au poids qu’elle représente dans la communauté internationale ». C’est une question qu’il faut reconsidérer très sérieusement.

D’où la nécessité d’un dialogue approfondi entre l’ONU et l’union africaine, mais aussi entre le conseil de sécurité et les chefs d’états africains.

Par Emmanuel NCHINGA MUZEMBE

Afrik Triomphal

Photos: mediacongo.net, sites.google.com